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Cet article invité a été rédigé par Aeden Smith-Ahearn. Il est proposé à titre pédagogique et examine l’idée de recourir aux psychédéliques pour traiter les addictions. I Am Sober ne recommande pas l’usage de psychédéliques. Avant de prendre tout type de médicament, vous devez toujours vous renseigner et en discuter avec un professionnel de santé.
Les États-Unis semblent perdre le combat contre l’ épidémie d’opioïdes. L’an dernier, plus de 60 000 personnes ont perdu la vie à la suite d’une overdose, et rien n’indique que ce chiffre diminue. À l’heure actuelle, les overdoses sont la première cause de décès accidentel aux États-Unis.
Ce chiffre est préoccupant, et nous ne semblons pas disposer des moyens nécessaires pour y faire face. Les traitements actuellement proposés ne fonctionnent pas, laissant un nombre croissant de personnes souffrant d’addiction sans solution vers laquelle se tourner.
Des psychédéliques tels que le LSD, la psilocybine et l’ibogaïne ont offert des pistes thérapeutiques prometteuses aux personnes souffrant d’addiction. Ils sont utilisés de diverses manières depuis des milliers d’années, mais les obstacles juridiques ont conduit beaucoup de personnes à négliger leur potentiel.
L’ibogaïne, par exemple, suscite un intérêt croissant à mesure que l’épidémie d’opioïdes s’étend dans tout le pays. Dans d’autres pays, elle a permis de supprimer entre 60 et 100 % des symptômes de sevrage. Elle s’est révélée être l’une des méthodes de traitement de l’addiction les plus efficaces disponibles.
L’efficacité de l’ibogaïne a été démontrée par son utilisation dans plusieurs établissements de soins agréés, notamment au Mexique et au Canada. Malheureusement, elle est interdite aux États-Unis en raison de lois dépassées qui assimilent des médicaments comme l’ibogaïne à des drogues illicites.
Aux États-Unis, les médicaments psychédéliques ont une histoire riche et complexe, encore compliquée par des obstacles juridiques et le manque d’études scientifiques récentes.
La médecine psychédélique suscite la curiosité depuis des milliers d’années. Elle présente de nombreuses propriétés particulières, et les scientifiques ne comprennent toujours pas clairement toute l’étendue du potentiel que ces substances pourraient offrir à la médecine.
Le LSD, la psilocybine, l’ibogaïne, la MDMA et plusieurs autres substances chimiques, que beaucoup d’Américains associent aux drogues illicites, ont donné des résultats prometteurs dans le traitement de divers troubles médicaux et psychologiques.
Les origines de l’usage des psychédéliques remontent à plusieurs milliers d’années, avec le peyotl, l’iboga et bien d’autres substances. L’iboga était largement utilisé en Afrique de l’Ouest à des fins de guérison spirituelle et physique, tandis que le peyotl servait depuis tout aussi longtemps dans les cérémonies des peuples autochtones d’Amérique.
Les premières études sur les substances psychédéliques commençaient à livrer des résultats prometteurs.
Le LSD et la psilocybine ont commencé à être utilisés pour traiter l’addiction à l’alcool, et même à la nicotine, dans les années 1950 et 1960. On pensait que le LSD provoquait un état accru de détente et d’introspection qui, dans un cadre thérapeutique, aidait d’une manière ou d’une autre à traiter les problèmes sous-jacents semblant provoquer l’addiction.
La psilocybine s’est révélée moins efficace contre des substances puissantes telles que les opioïdes et l’alcool, mais produisait des effets psychédéliques comparables, quoique moins intenses. Elle a donc suscité un intérêt pour le traitement de certains traumatismes psychologiques et troubles anxieux.
À cette époque, le LSD est devenu assez populaire comme traitement expérimental de l’alcoolodépendance. Selon le Journal of Psychopharmacology, les données recueillies alors auprès de 500 participants ont montré que le recours au LSD pour traiter l’alcoolodépendance présentait certains des taux de réussite les plus élevés pour maintenir la sobriété à court comme à long terme.
L’ibogaïne a produit des résultats comparables lorsqu’elle était utilisée pour combattre l’addiction aux opioïdes puissants. Ce constat est particulièrement pertinent au regard de l’épidémie d’opioïdes qui continue de sévir aux États-Unis.
En 1967, les États-Unis ont classé toutes ces substances psychédéliques à l’annexe I, rendant illégales leur consommation et leur possession, ainsi que toute étude médicale les concernant sur le territoire américain. De nombreuses études scientifiques en cours ou prévues ont ainsi pris fin immédiatement.
Adoptant une position réactive et excessive face aux drogues, le gouvernement a interrompu des études prometteuses en plaçant les médicaments psychédéliques dans la même catégorie que les drogues illicites.
Dans le cadre de la guerre contre la drogue, toutes les substances psychédéliques ont été classées pratiquement de la même manière. Cette situation a posé problème aux scientifiques qui savaient que, correctement utilisés, ces médicaments pouvaient apporter des bénéfices considérables.
En réalité, les médicaments psychédéliques peuvent constituer l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour lutter contre l’addiction et certains troubles de santé mentale. C’est pourquoi d’autres pays ont continué d’accueillir favorablement leur utilisation.
Cependant, de nouvelles études ont commencé à voir le jour aux États-Unis, et la politique de tolérance zéro à l’égard des psychédéliques semble commencer à s’assouplir.
Un examen plus approfondi révèle de nombreux bénéfices de la médecine psychédélique, dont certains n’ont été découverts qu’au cours de la dernière décennie.
LSD— Le LSD est un psychédélique puissant qui doit être synthétisé en laboratoire. Utilisé correctement, il peut traiter de manière sûre et efficace des problèmes tels que l’alcoolodépendance. Son efficacité contre l’anxiété et le trouble de stress post-traumatique a également été démontrée.
Psilocybine— Ce psychédélique naturel est souvent associé aux « champignons hallucinogènes ». Bien qu’il reste illégal pour un usage personnel aux États-Unis, il peut être assez efficace lorsqu’il est utilisé à bon escient sous la supervision de professionnels de santé. L’université Johns-Hopkins a récemment relancé certaines de ses recherches sur l’utilisation de la psilocybine pour lutter contre l’addiction à la nicotine.
MDMA— Initialement utilisée en thérapie de couple pour aider les personnes à renouer entre elles, la MDMA gagne du terrain aux États-Unis dans le traitement de l’anxiété aiguë et chronique, ainsi que du trouble de stress post-traumatique. Son utilisation demeure hautement expérimentale et illégale en dehors des études de recherche.
Ayahuasca— L’ayahuasca est un psychédélique naturel originaire d’Amazonie. Il est utilisé depuis des siècles pour favoriser la guérison spirituelle et le développement personnel. De nombreuses études indépendantes affirment que le DMT, principe actif de l’ayahuasca, peut favoriser la guérison du cerveau.
Ibogaïne— L’ibogaïne s’est révélée être l’un des traitements les plus prometteurs contre l’addiction aux opioïdes. Elle rééquilibre les niveaux de substances chimiques dans le cerveau de la personne souffrant d’addiction, permettant une sobriété durable. Certains États, comme le Maryland, envisagent d’autoriser le traitement de l’addiction par l’ibogaïne afin de contribuer à lutter contre la crise croissante des opioïdes aux États-Unis. Elle reste largement illégale dans le pays, mais gagne du terrain.
Bon nombre de ces psychédéliques ont démontré leur efficacité dans la lutte contre l’addiction et le traitement de différents troubles psychologiques. Leur légalité aux États-Unis fait donc l’objet d’un vif débat.
Des psychédéliques tels que l’ibogaïne et le LSD sont utilisés depuis des décennies dans d’autres pays, avec d’excellents résultats à long terme et des effets indésirables minimes.
L’avenir des psychédéliques aux États-Unis dépendra de leur utilité et de la possibilité de surmonter des lois qui ont peut-être été adoptées dans la précipitation.
Heureusement pour de nombreuses personnes souffrant de ces différents troubles, la médecine psychédélique revient progressivement dans le débat et bénéficie d’un accueil de plus en plus favorable au sein des communautés scientifiques et médicales de tout le pays.
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