I Am Sober est une application gratuite qui vous aide à reprendre un certain contrôle sur votre vie.
Quelqu’un charge mal le lave-vaisselle, une voiture vous coupe la route ou votre téléphone se bloque pour la troisième fois, et soudain, vous êtes hors de vous.
Bien plus en colère que la situation ne le mérite. Ça passe, puis vient la deuxième vague : la culpabilité, et cette inquiétude sourde que devenir sobre était censé vous apaiser, pas vous rendre plus irritable.
Si vous vous reconnaissez là ces derniers temps, respirez. Vous ne faites rien de travers dans votre rétablissement.
La colère se manifeste chez beaucoup de personnes à ce stade, mais pas chez tout le monde, et elle s’explique rarement par une seule cause. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez apprendre à composer avec elle. Cela commence par une petite compétence : repérer la colère un instant plus tôt que d’habitude, pour avoir le temps de choisir ce qui se passera ensuite.
Nous allons voir d’où vient généralement la colère, quel plan suivre lorsqu’elle surgit et comment reconnaître le moment où il est temps de demander de l’aide.
Plusieurs choses ordinaires ont tendance à s’accumuler en même temps. C’est souvent ainsi que se passe le début du rétablissement : le stress, un quotidien complètement bouleversé, un sommeil irrégulier et tout ce que vous portiez déjà avant.
L’alcool et d’autres substances peuvent aussi émousser les émotions pendant longtemps. Quand vous arrêtez, celles-ci reviennent, parfois avec force. Ce sont des facteurs possibles. Cela ne signifie pas non plus que votre colère révèle un défaut caché ni que votre consommation d’alcool trouve nécessairement son origine dans un traumatisme enfoui.
L’irritabilité peut faire partie intégrante de l’arrêt de l’alcool. Plutôt que de présenter ici une deuxième chronologie, consultez notre guide sur les symptômes de sevrage alcoolique pour savoir comment ils se manifestent généralement et combien de temps les différents symptômes durent habituellement.
Le sommeil est souvent, lui aussi, un facteur caché. Un mauvais sommeil rend tout le monde plus irritable, et l’alcool a un effet réel sur le sommeil. Notre article sur l’alcool et le sommeil mérite donc d’être lu si vous perdez nettement plus vite patience.
Parfois, le début du rétablissement est tout simplement vraiment irritant, et cette explication suffit. Sachant cela, et sachant aussi que cela finira par passer, vous pouvez prévoir comment réagir. Si votre colère est persistante, intense, ou vous effraie, vous ou votre entourage, cela mérite une évaluation par un professionnel plutôt qu’un autodiagnostic.
Lorsque la colère monte brusquement, l’objectif n’est pas de réagir de façon parfaitement mesurée. Il s’agit de créer un peu d’espace, afin que la tension retombe avant que vous ne disiez ou fassiez quelque chose que vous regretteriez :
Repérez-la tôt. Apprenez à reconnaître vos propres signes avant-coureurs : poitrine serrée, mâchoire crispée, voix qui monte, ou cette impression de vision en tunnel où le reste de la pièce s’efface.
Faites une pause dans l’échange. Rien n’a besoin d’être réglé alors que l’émotion vous submerge, et presque rien ne se règle correctement dans cet état.
Prenez de la distance, en toute sécurité. Sortez prendre l’air, allez dans une autre pièce, mettez un peu de distance entre vous et ce qui a mis le feu aux poudres.
Faites une chose qui vous apaise. Ralentissez votre respiration, faites une courte promenade, passez vos mains sous l’eau froide ou accordez-vous quelques minutes de solitude.
Si « comptez jusqu’à dix et respirez » vous paraît trop simpliste pour être utile, c’est une réaction compréhensible. Pourtant, cela fonctionne plus souvent qu’on ne pourrait le croire. Le but de la pause n’est pas de compter : il est de gagner les 60 à 90 secondes nécessaires pour que la première poussée de colère relâche son emprise, car elle finit vraiment par retomber si vous ne l’alimentez pas.
Une façon claire de demander cette pause à voix haute : « Je veux continuer à en parler, mais j’ai d’abord besoin de dix minutes. » Vous demandez une pause pour que la conversation puisse avancer de manière constructive, et la plupart des gens vous l’accorderont.
Une fois votre calme revenu, notez quatre choses : la situation, l’émotion ressentie, votre réaction et ce qui pourrait vous aider la prochaine fois. Faites-le plusieurs fois et vos propres schémas commenceront à apparaître : les personnes, les moments de la journée et les situations qui déclenchent régulièrement votre colère. Croyez-nous, les choses s’améliorent.
Si vous utilisez I Am Sober (Je suis sobre), les questions de réflexion sont un bon endroit pour consigner ces éléments. La Communauté regorge de personnes qui apprennent la même chose, ce qui aide les jours où vous avez l’impression d’être la seule personne à serrer les dents pour tenir. Ces stratégies d’adaptation s’appuient sur les ressources de la SAMHSA sur la gestion de la colère.
Contactez un professionnel si la colère est fréquente, vous semble réellement incontrôlable ou nuit à vos relations. Le soutien peut aider, et en chercher ne signifie pas que tout le monde doit obligatoirement suivre une thérapie. La thérapie est une bonne voie parmi d’autres, tout comme les groupes et les personnes de confiance qui vous soutiennent déjà. Une chose reste vraie, quelle que soit l’origine de la colère : la ressentir est humain, mais elle ne justifie jamais de menacer ou de blesser qui que ce soit. Si vous craignez à tout moment pour votre sécurité ou celle d’une autre personne, considérez la situation comme urgente et demandez immédiatement de l’aide.
Oui, chez de nombreuses personnes, mais pas chez tout le monde. Elle résulte généralement de plusieurs causes qui agissent en même temps.
Cela varie tellement d’une personne à l’autre que donner une durée unique serait trompeur. Consultez notre article sur les symptômes de sevrage alcoolique pour comprendre comment les symptômes se manifestent généralement, et consultez un professionnel s’ils sont intenses ou se prolongent.
Suivez le plan à appliquer sur le moment, expliquez à vos proches ce sur quoi vous travaillez afin qu’ils n’aient pas à le deviner, et envisagez de chercher du soutien si cela continue de faire du tort.
Sources : Ressources de la SAMHSA sur la gestion de la colère · NHS, Alcohol use disorder
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