I Am Sober est une application gratuite qui vous aide à reprendre un certain contrôle sur votre vie.
Arrêter une addiction est difficile. Demandez à toute personne sobre ou assistez simplement à une réunion de soutien à la sobriété pour entendre les témoignages des autres. Une addiction ne signifie pas nécessairement que l’on consomme une substance tous les jours. Certaines personnes dépendantes peuvent arrêter pendant quelques jours, voire quelques semaines, car leur problème va au-delà de la consommation de drogues ou d’alcool : la substance occupe aussi leurs pensées. Cela tient notamment aux effets durables des troubles liés à l’usage de substances. Beaucoup de personnes finissent par souffrir d’anhédonie.
L’anhédonie est l’incapacité à éprouver du plaisir. Ainsi, même si vos amis, votre famille et vos parrains ou marraines se réjouissent et célèbrent votre sobriété, vous ne ressentez peut-être pas la même joie. Lorsque vous obtenez une augmentation ou une excellente note à un devoir, il se peut que vous n’éprouviez pas la satisfaction du travail accompli. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles beaucoup de personnes rechutent. C’est aussi pourquoi la sobriété représente un combat quotidien, 24 heures durant : il faut traverser chaque journée sans consommer, parfois sans se sentir « bien » face à des événements qui rendraient les autres heureux.
Cela s’explique en partie par le fait que l’euphorie liée aux substances a créé une nouvelle norme. Par exemple, une personne qui n’a jamais consommé de drogues peut se sentir bien, dans un état neutre ou mal. L’état neutre constitue un juste milieu calme, ni positif ni négatif. Si cette même personne commence ensuite à consommer des drogues et développe une addiction, elle perturbe l’équilibre chimique de la dopamine. Comme la consommation augmente constamment la dopamine, son échelle devient alors : très bien, bien, neutre et mal. Pour une personne non dépendante, cela peut sembler positif. Le problème, pour les personnes qui présentent un trouble lié à l’usage de substances, est qu’être sous l’effet de la drogue devient la nouvelle normalité. Se sentir « très bien » correspond alors à une forte euphorie, tandis que se sentir « bien » doit devenir l’état neutre. Or, très peu de personnes se sentent bien en permanence. Beaucoup de personnes dépendantes adoptent donc des comportements à risque afin d’obtenir des récompenses plus immédiates et d’augmenter leur production de dopamine. C’est également pourquoi se sentir dans un état « neutre » revient désormais à se sentir « mal », et pourquoi se sentir « mal » paraît cent fois pire qu’auparavant.
Pour beaucoup de personnes, c’est la raison pour laquelle elles se tournent vers des addictions de substitution qui répondent à leurs besoins.
Un nombre non négligeable de personnes (par exemple, 25 % des personnes alcoolodépendantes, selon une étude) remplacent une addiction par une autre pendant leur rétablissement. Une personne alcoolodépendante peut se tourner vers les cigarettes ou les desserts, tandis qu’une personne qui fume peut se tourner vers des anxiolytiques.
Cela étant dit, toutes les addictions de substitution ne nuisent pas à la santé. Certaines personnes présentant un trouble lié à l’usage de substances remplacent leur addiction par l’exercice physique ou le travail. Les excès dans l’un ou l’autre domaine peuvent être nocifs, mais ces deux exemples apportent de la dopamine avec des effets moins préjudiciables.
Si beaucoup de personnes développent une addiction de substitution, c’est parce que le manque de dopamine peut entraîner une anhédonie, c’est-à-dire une incapacité à ressentir du plaisir. C’est en partie ce qui rend difficile le maintien de la sobriété. Il est difficile d’avoir le sentiment d’accomplir quelque chose et, lorsque l’on est sobre, de ressentir la gratification immédiate procurée par la dopamine. Plus encore, cela peut contribuer au sentiment de solitude ou d’isolement des personnes dépendantes. Les membres de la famille, les amis et même les parrains ou marraines peuvent féliciter une personne dépendante pour être restée sobre, sans qu’elle ressente quoi que ce soit. Vous pouvez vous sentir en décalage avec votre entourage. C’est une raison suffisante pour participer à une réunion avec d’autres personnes, car elles connaissent trop bien ce sentiment.
Les réseaux sociaux et l’usage du smartphone constituent cependant aussi une forme d’addiction. Les notifications qui s’affichent procurent souvent une brève poussée de dopamine. Pourquoi ? Parce que notre cerveau devient plus actif lorsqu’un contenu nous incite à interagir, à commenter et à le partager avec notre entourage. Selon l’auteur principal d’une étude de psychologie de l’UCLA, Matthew Lieberman :
« Nous semblons toujours chercher qui d’autre trouvera cette information utile, amusante ou intéressante, et nos données cérébrales en apportent la preuve. Dès leur premier contact avec une information, les personnes utilisent déjà le réseau cérébral qui leur permet de réfléchir à la manière dont elle pourrait intéresser d’autres personnes. Nous sommes programmés pour vouloir partager des informations avec les autres. »
De cette façon, une application de sobriété peut réellement aider les personnes dépendantes à rester sobres.
Tout d’abord, compte tenu du caractère addictif des réseaux sociaux, une application de sobriété peut constituer une addiction de substitution moins nocive. Une application de suivi de la sobriété propose des notifications quotidiennes et des paroles inspirantes qui contribuent à procurer cette sensation liée à la dopamine. Ensuite, la dimension sociale d’une application de sobriété, qui sert de suivi quotidien en ligne, vous permet de partager vos progrès. Même si votre réussite personnelle ne produit pas l’euphorie espérée, les interactions avec une communauté en ligne peuvent vous apporter cette stimulation. Enfin, les citations marquantes, réfléchies et inspirantes que vous pouvez partager au quotidien sont conçues pour aider votre entourage, mais aussi pour favoriser les échanges avec les autres.
Vivre avec un trouble lié à l’usage de substances rend le rétablissement difficile. Toutefois, grâce à différents réseaux de soutien — amis, famille, pairs sobres, communautés en ligne et application de sobriété —, vous pouvez rester sobre et ressentir le sentiment d’accomplissement que vous méritez.
I Am Sober est une application gratuite qui vous aide à reprendre un certain contrôle sur votre vie.